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NOYON BLUES ESTIVAL
Retransmission du concert 1H 30 de
musique NON STOP !!
Noyon est
une petite ville tranquille située dans le département de l’Oise, à 1H00
au nord de Paris. Cette ville célèbre pour son patrimoine exceptionnel
s’est prise de passion pour le blues organisant depuis 2005 son festival
de blues, le “Blues Estival”. Un air de fête flotte alors sur la ville
durant le premier week end d’août et ceux qui ne sont pas en vacances en
profitent pour se rassembler sur le site accueillant du square Roosevelt,
bien sûr, pour écouter la musique et aussi pour profiter des différents
stands installés sur la place, permettant de boire et manger, d’acheter CD
et DVD, de découvrir une expo photos. Sous l’impulsion de Jean Michel
Nanjod (ex boss de l’Art Puces Café), voilà un festival qui grandit chaque
année, qui a son identité propre ne cherchant pas à copier les autres
festivals.
On y
retrouve toutes les composantes qui ont fait le charme et le succès de
l’Art Puces Café il y a quelques années, c’est en quelques sortes un Art
Puces Café à ciel ouvert. D’ailleurs, la programmation privilégie toujours
les anciens piliers de l’Art Puces Café comme Big Dez, Boney Fields,
Chelsea, Karim Albert Kook, Mat the Fax et Philippe Devin. Le festival
continue sa progression que ce soit au niveau de l’organisation comme de
la programmation, avec plus seulement 3 têtes d’affiche mais vraiment 2
groupes de niveau national ou international chaque soir. J’ai juste
regretté l’absence d’animation dans la journée, le tremplin des deux
années précédentes et le off dans les bars et restaurants ayant disparu.
Parmi les nouveautés, j’ai apprécié l’apparition d’un présentateur, le
très sympathique Jean Louis Bergerin, ex guitariste des forbans qui a
beaucoup apporté dans l’animation des soirées. Et puis, on ne peut que
saluer les efforts réalisés en ce qui concerne l’affiche du festival,
réalisée par Denis Sire qui fut cette année encore très spectaculaire, à
la fois sexy et colorée, flamboyante et psychédélique.
Le festival
débutait avec une première soirée très homogène proposant deux formations
étoffées et regroupant quelques uns des fleurons de la scène blues
parisienne. La première partie fut assurée par Philippe Devin, dont on
retiendra qu’il a fait sa première grosse scène en leader au Blues Estival
de Noyon 2008. Il a confirmé tout le bien que je pensais de lui. Car,
malgré ses 19 ans, je le connais depuis quelques années. C’est déjà un
formidable guitariste (écoutez le son de guitare sur sa démo – elle est
disponible sur son blog MySpace) qui a fait ses preuves avec Natural
Blues, Back to Blues, avec Zora Young ou K-Led Bâ’ Sam et ces derniers
mois, il a énormément progressé sur ce qui était son point faible, le
chant. Après quelques grosses scènes dans des festivals français majeurs
(Cahors, Blues sur Seine, Blues en VO), il a gagné en assurance devenant
un leader plus que crédible d’autant qu’il a su réunir autour de lui un
groupe qui ne manque pas d’allure ni de talents. A l’image de sa démo, il
a proposé un répertoire de standards sublimés par sa guitare tranchante et
clinquante et quelques belles passes d’arme avec Yann Cole ou Sylvain
Fétis. Ce festival marque sans aucun doute une étape importante dans sa
progression, il lui reste encore à gagner en autorité et surtout à
composer…
Source
http://www.docteurblues.com/wordpress/?p=614
La soirée se
poursuivait avec Big Dez, qui une semaine après avoir enflammé Cognac a
récidivé à Noyon avec un “show à l’américaine”, 9 sur scène, 7 musiciens
et 2 charmantes choristes. Le risque avec autant de monde sur scène, c’est
la confusion, mais avec Big Dez pas de problème, la machine est bien
rodée, tout est bien calé, bien en place, ça tourne au quart de tour ! Et
là, je voudrais souligner le rôle très important joué par deux des piliers
du groupe, Rodolphe Dumont (guitare) et Bala Pradal (piano) tous deux
remarquables sans oublier Kim Yarbrough qui nous a balancé un solo de
basse de folie. Bien sûr, Big Dez nous a joué une grande partie de ses
deux derniers CD (”Night after night” et “You can smile”) intercalant
aussi quelques reprises rythmées pour un blues teinté de Rhythm & Blues et
de Rock & Roll.
Les morceaux s’enchaînaient et je n’ai pas vu le temps passé, le public en
redemandait et Big Dez ne s’est pas fait prier pour nous offrir un long
rappel.
La deuxième
soirée a débuté avec les Bluetones, le groupe Caennais qui s’était
illustré les semaines précédentes à Rossano (Italie) puis à Cognac. Ils
présentaient les titres de leur tout nouvel album tout beau tout neuf
“More than a feeling”. Et du feeling, ils n’en manquent pas, c’est certain
!
Leur musique, ils la qualifient de “rhythm’ & rockin’ blues”, je n’invente
rien, c’est ce qui marqué sur le CD. Elle est sans aucun doute inspirée
par les musiques des années 50, mais le tour de force est que malgré ces
influences, les Bluetones ont réussi créer une musique indiscutablement
originale et personnelle, un blues qui rend heureux. Et surtout, on est
impressionné par le fait qu’autour d’Agathe Sahraoui, la nouvelle
chanteuse du groupe, ils ont renouvelé leur répertoire à 100% et
s’appuyant sur les composition du nouveau CD, ils ont fourni un concert
rondement mené sans temps faible. Beaucoup de finesse et de swing, une
belle maîtrise instrumentale avec toujours beaucoup de fluidité du côté de
la guitare de Pascal Fouquet. D’ailleurs, j’aurais bien pris un petit
supplément de solos de guitare de Pascal Fouquet …
Cette
deuxième soirée fut plus éclectiques que la première puisqu’ après le
rhythm & blues plein de swing des bluetones, arrivait Chelsea avec son
cocktail pop/rock/blues/folk. Chelsea, c’est une sacré personnalité, un
personnage hors normes. A voir son look et sa dégaine, on a l’impression
de voir un gars venu d’un autre siècle, une sorte de chevalier du moyen
âge avec des dread locks qui aurait pris la machine à remonter (ou à
redescendre) le temps qu’il aurait arrêté le samedi 2 août juste pour
monter sur la scène du Blues Estival de Noyon. Et que dire de cette
rencontre aussi magnifique qu’improbable entre Chelsea et Karim Albert
Kook, j’ai beaucoup apprécié la complémentarité entre la guitare
acoustique de Chelsea et celle électrique de Karim. Tout comme les
Bluetones plus tôt dans la soirée, Chelsea nous présentait son tout nouvel
album (Once upon a time … in the heart) dont il a joué quelques titres
complétant avec quelques uns de ses classiques comme “Runaway train”, des
adaptations comme un “Sweet Home Alabama” devenu “Sweet Home Louisiana” ou
des reprises des Stones. Dans ce répertoire pop/rock, c’est Karim Albert
Kook par sa guitare et son bottleneck qui a amené le côté bluesy. Et puis,
le concert comporta une séquence “world musique” avec l’apparition sur
scène de la charmante chanteuse Iness, Karim Albert Kook chantant aussi le
titre éponyme de son dernier CD “Barbes city limit blues”. Une vague
d’enthousiasme, d’énergie positive et de vie avait envahi la scène, on a
vécu un grand moment de complicité et de partage. Cette soirée a connu un
gros succès populaire, la foule étant évaluée à 600 personnes par les
organisateurs.
La soirée de
dimanche démarrait avec Mat the Fax, un trio familier des habitués des
puces de Clignancourt qui joue un répertoire de standards, essentiellement
du blues assez classique joué avec une énergie rock, du “blues taillé dans
le rock” comme disent les TPAG. Avec un leader chanteur/bassiste (ce qui
n’est pas si courant) et un guitariste au jeu sans fioritures, ils ont
joué notamment plusieurs reprises de Robert Johnson dans des versions
assez péchues, mais aussi un peu de country (Dwight Yoakam notamment) et
de Rock & Roll. A la batterie, on retrouvait l’inévitable Julien Audigier
La soirée se
poursuivait avec la “star” du festival, Boney Fields qui se présentait sur
scène très élégant, pantalon blanc, veste sombre et chapeau melon blanc
sur ses dread locks. Si les amateurs de blues parisiens ont l’habitude de
le voir lors de divers jams, notamment au café Loom (les fameuses jamboree
du samedi soir), où il joue des standards, à Noyon, accompagné de son
groupe Bone Project, il nous a joué ses compositions personnelles. Alors,
même s’il est originaire de Chicago où il a accompagné quelques légendes
du blues comme James Cotton, il ne joue pas du Chicago blues mais un
blues/funk très puissant dominé par l’excellente section de cuivre. Ce
concert fut explosif, Boney a allumé la mèche et ce fut un véritable feux
d’artifice. Il a fait le spectacle, proposant notamment un petit jeu avec
son guitariste où il lui ordonnait de jouer toujours plus vite jusqu’à la
limite. Comme ce fut déjà le cas deux jours auparavant avec Big Dez, il
nous a servi ce que j’appelle un “show à l’américaine”, réglé au
millimètre. Difficile de rester indifférent tellement ça groovait,
tellement ça sonnait. Précisons que le son était vraiment excellent, la
balance était parfaite. Seul Bémol, je n’ai pas aimé les sonorités
synthétiques du clavier et l’abus d’effets au niveau de la guitare. Mais,
ne boudons pas notre plaisir, ce fut une très belle prestation de Boney
Fields & Bone Project.
Si le temps
a été menaçant durant une grande partie du concert, ça a tenu jusqu’au
bout ou presque… Ca s’est terminé lors du rappel par un déluge assez
soudain mêlant pluie battante et vent violent qui a gâché le final,
l’étanchéité de la bâche qui couvrait la scène était loin d’être parfaite,
le groupe fut contraint de s’arrêter brutalement, le matériel a été bâché
dans l’urgence, tout le monde s’est alors un peu sauvé pour tenter de
trouver un abris. C’est vraiment dommage, à quelques minutes près, c’était
bon. Cette édition méritait une autre fin.
Certes,
celle ci fut mémorable, heureusement, il n’y a pas eu de dégâts au niveau
du matériel et au final, on retiendra que cette dernière soirée fut un
succès avec un public presque aussi nombreux que la veille.
Source
http://www.docteurblues.com/wordpress/?p=614
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